Six érotiques plus un

'Tout est affaire de lieu : une cuisine, un couloir, une cage d’escalier, un bureau, ne portent pas la même charge érotique, ne font pas naître les mêmes histoires. Sept pièces font sept atmosphères. Mais ces tons divers, ces formes littéraires diverses (dialogues, portraits, nouvelles, inventaires, lettres, récit dans le récit) sont moins des décors dissemblables pour une scène unique et toujours revécue qu’un point de vue renouvelé sur un rapport humain toujours changeant. Ils ont en commun d’opposer clairement le très sophistiqué et le très hard, et sont des objets littéraires d’autant plus obscènes dans la position que précieux dans le drapé.
La visite de ces lieux est rythmée par des gravures érotiques de la Renaissance italienne (Augustin Carrache, 1524), qui ont pour avantage, parce qu’elles réconcilient aussi le pornographique et l’académique, de tirer définitivement le texte du côté littéraire, d’effacer le moindre doute sur sa nature raffinée, mais sans rien lui ôter de son caractère troublant.'
Jacques Drillon.