Terreur dans l'Hexagone. Genèse du djihad français

Terreur dans l'Hexagone. Genèse du djihad français

Pendant les dix ans qui séparent les émeutes de l’automne 2005 des attentats de 2015 contre Charlie Hebdo puis le Bataclan, la France voit se creuser de nouvelles lignes de faille. La jeunesse issue de l’immigration postcoloniale en constitue le principal enjeu symbolique. Celle-ci contribue à la victoire de François Hollande aux élections de 2012. Mais la marginalisation économique, sociale et politique, entre autres facteurs, pousse certains à rechercher un modèle d’"islam intégral" inspiré du salafisme et à se projeter dans une "djihadosphère" qui veut détruire l’Occident "mécréant".
Le changement de génération de l’islam de France et les transformations de l’idéologie du djihadisme sous l’influence des réseaux sociaux produisent le creuset d’où sortiront les Français exaltés par le champ de bataille syro-irakien. Fin 2015, près de mille d’entre eux l’ont rejoint et cent cinquante y ont trouvé la mort, sans compter ceux qui perpètrent leurs attentats en France.
Dans le même temps, la montée en puissance de l’extrême droite et les succès électoraux du Front national renforcent la polarisation de la société, dont les fondements sont aujourd'hui menacés de manière inédite par ceux qui veulent déclencher, dans la terreur et la désolation, la guerre civile.
C’est à dénouer les fils de ce drame qu’est consacré ce livre.

Spécialiste de l’islam et du monde arabe contemporain, Gilles Kepel anime le séminaire "Violence et dogme" à l’École normale supérieure et enseigne à l’Institut d’études politiques de Paris. Il a récemment publié aux Éditions Gallimard Passion arabe (2013) et Passion française (2014).
Antoine Jardin, ingénieur de recherches au CNRS, est spécialiste de la sociologie politique des quartiers populaires.

Prix de la Revue des Deux Mondes 2016