Passion arabe. Journal, 2011-2013 / Passion en Kabylie / Paysage avant la bataille

Passion arabe. Journal, 2011-2013 / Passion en Kabylie / Paysage avant la bataille

Le 17 décembre 2010, à Sidi Bouzid, en Tunisie, Mohamed Bouazizi, vendeur ambulant de fruits et légumes, s’immole par le feu – et embrase le monde arabe. Les régimes de Ben Ali, Moubarak, Kadhafi sont précipités dans les flammes, et l’incendie porte à Bahreïn, au Yémen et jusqu’en Syrie.

En deux ans, les révolutions ont abattu des dictatures, mais fréquemment porté au pouvoir les Frères musulmans. Le salafisme prolifère, nourri par le désenchantement de jeunes et de déshérités dont la pauvreté s’est accrue. Al-Qaida, qu'on croyait enterrée, resurgit de la Syrie au Mali alors que l’État islamique prône un nouveau califat.

Gilles Kepel est retourné partout – Palestine, Israël, Égypte, Tunisie, Libye, Oman, Yémen, Qatar, Bahreïn, Arabie saoudite, Liban, Turquie, Syrie, Kabylie – et a rencontré tous les acteurs – salafistes et laïcs, Frères musulmans et militaires, djihadistes et intellectuels, ministres et fellahs, diplômés-chômeurs et rentiers de l’or noir.

Pour comprendre ce que sont devenues la liberté, la démocratie, la justice sociale revendiquées par les "printemps arabes". Quel est le rôle des pétromonarchies du Golfe dans l’arrivée au pouvoir des partis islamistes ? Pourquoi le conflit entre sunnites et chiites est-il en train de détourner l’énergie des révolutions, tandis que la Syrie s’enfonce dans des souffrances inouïes ?